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L’Urgence Plastique

Dernière mise à jour : 18 nov. 2021

L’océan rend la vie possible sur Terre, il permet notamment de réguler notre climat, de produire l’oxygène que nous respirons et constitue la principale source de protéine pour plus d’un milliard de personnes.

La pollution plastique constitue une menace existentielle pour la santé de nos océans.



Ces 10 dernières années, nous avons produit plus de plastique qu’au cours du siècle précédent : la production de plastique a été multiplié par plus de 22 au cours de ces 50 dernières années.

Aujourd’hui, nous produisons 300 millions de tonnes de déchets plastiques par an dont 35 millions de tonnes sont “mal gérés” et environ 11 millions de tonnes sont déversés dans nos océans chaque année : c'est l’équivalent d’un camion poubelle par minute.

En France, nous recyclons seulement 26% de nos déchets plastiques, contre 9% à l’échelle mondiale.


Aujourd’hui, les déchets plastiques ne sont que trop peu recyclés, une partie est incinérée ou se décompose dans des décharges à ciel ouvert, tandis que l’autre atterris dans nos océans.

Ces déchets plastiques sont transportés par les courants marins et après quelque temps à la dérive sont accumulés en 5 points : 2 dans l’océan Atlantique, 2 dans l’océan Pacifique, 1 dans l’océan Indien, on parle de 5 gyres, ou plutôt de 5 continents de plastique, dont le plus gros appelé le 7ème continent - The great garbage patch - mesure jusqu’à 6 fois la surface de la France, soit 3,43 millions de km² flottant au large du Japon, environ 80.000 tonnes de plastique, quand on pense qu’une voiture fait 1 tonne, ça fait froid dans le dos…

En effet, 99% du plastique est le produit de substances chimiques dérivées de sources impropres et non renouvelables. La plupart des plastiques ne disparaissent jamais vraiment.

Étant donné l’augmentation des rejets de déchets plastiques au fil des ans, le volume des gyres devrait augmenter en conséquence, cependant certains scientifiques ont remarqué que leurs évolutions n'étaient pas proportionnelles à nos rejets de déchets plastiques.



Au contraire, les déchets plastiques se décomposent progressivement en microparticules : les microplastiques (particules inférieures à 5mm), qui sont alors avalés par les poissons ou les animaux d’élevage puis finalement consommés par les humains à travers leur alimentation.



La pollution plastique dans nos océans provoque plusieurs conséquences très néfastes pour notre environnement :


Impact sur la faune marine


Au moins 1.400 espèces marines ingèrent des débris de plastique, 1 millions d’animaux marins périssent chaque année à cause du plastique, seules les méduses ne sont pas impactées par cette pollution. De nombreuses espèces sont considérées en « danger critique d’extinction », c’est le cas notamment de plusieurs espèces de tortues : la tortue verte, la tortue de Kemp, la tortue Luth. La moitié des requins et des raies sont menacés d’extinction.



Impact sur les écosystèmes marins


La dégradation du plastique (lixiviation) a des effets néfastes sur la bactérie marine (Prochloroccus) responsable de 20% de la production de l’oxygène atmosphérique. D’autre part, le plastique se déplaçant dans nos océans fait office de radeau pour un certain nombre de bactéries, ces dernières se fixent au plastique et sont ainsi transportées à l’autre bout du globe. Certaines bactéries endémiques nocives se retrouvent alors propulsées sur de nouveaux littoraux et contaminent ainsi de nombreuses espèces. Cependant de récentes études ont prouvé que certaines bactéries étaient capables de « manger » le plastique en cassant la chaîne carbonée du plastique et donc de détruire progressivement les déchets plastique. Il s’agit de prendre en considération que cette destruction progressive du plastique est très lente et ne permet en aucun cas de compenser les millions de tonnes de plastiques déversés chaque année dans nos océans.


D’autre part la dérive climatique et l’agriculture intensive, impactent elles aussi profondément nos océans :


La dérive climatique


Risque d’extinction des coraux d’ici 2050 : presque 75% de l’étendue des récifs coralliens ont disparu au cours des quatre dernières décennies. 110 km² d’herbiers marins disparaissent chaque année. Les coraux et les herbiers marins ont un rôle écologique et halieutique très important, ils contribuent à la fixation du fond marin, à la clarification de l’eau et abritent une biodiversité spécifique représentant un maillon indispensable de la chaîne alimentaire marine


L’agriculture intensive


Le pH de l’océan mondial diminue : acidification, ce qui entraîne une diminution du volume global de l’oxygène dissous dans l’eau, soit environ 2% en 5 ans.

D’autre part, les engrais liés à l’agriculture intensive ont un lourd impact sur nos écosystèmes, il provoque un excès de nutriment (eutrophisation), notamment de phosphore et d’azote qui favorisent la prolifération des espèces invasives, en particulier des algues toxiques telles que les sargasses. En se décomposant les algues invasives réduisent drastiquement le niveau d’oxygène présent dans l’eau : la faune déserte la zone et la flore meurt, on parle de “zones mortes”.


L’océan constitue un allié essentiel dans la lutte contre la dérive climatique : il occupe 70% de la surface terrestre, capte 90% des excès de chaleur dus à l’activité humaine, est directement responsable de la qualité de l’air que l’on respire car il produit jusqu’à 50% de l’oxygène que nous respirons et absorbe environ 30% de nos gaz à effet de serre. Protéger nos océans est indispensable afin de limiter le réchauffement à un niveau tolérable.


« L’océan est très résilient : si nous cessons de jeter du plastique dans la mer aujourd’hui, dans 50 ans nous aurons retrouvé l’écosystème de départ. C’est quelque chose qu'on peut changer avec la loi, la pédagogie et l’éducation »

Romain Troublé, secrétaire général de Tara Océans



Pour synthétiser, le plastique réduit drastiquement la population d’espèces marines dans l’océan mondial, ce qui impacte directement une de nos principales sources de protéines. Le plastique est ingéré par de nombreuses espèces marines, et atterrit finalement dans nos assiettes. Il favorise l’expansion de certaines bactéries nocives pour l’homme. Le plastique réduit la production de dioxygène de nos océans, cela impact donc directement la qualité de l’air que nous respirons, le plastique réduit aussi le taux d’absorption du CO2 par nos océans, c’est un vecteur d’accélération de la dérive climatique. Pensons à recycler le plastique à notre échelle, nos petites actions feront la différence.


Down to sea s'est fixé l'objectif d'agir, d'informer et de témoigner en faveur de nos océans. À la rencontre des populations locales, nous allons recueillir leurs témoignages afin d'alimenter un carnet de bord et permettre de sensibiliser sur l'urgence de la situation. En partenariat avec des écoles, nous allons organiser des collectes de plastiques sur le littoral. Nous souhaitons participer à la compréhension de l'impact du plastique sur nos écosystèmes en s'associant avec des laboratoires océanographiques et université de recherche.

S’engager à nos côtés, c’est participer à la sauvegarde de nos océans, indispensable pour limiter la dérive climatique.




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GIEC : Groupe Expert Intergouvernemental sur l'Evolution du Climat, en anglais : IPCC Intergovernmental Panel on Climate Change. Créé en 1988 par l’Organisation météorologique mondiale (OMM) et le Pro

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